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le réchauffement climatique

16/1/2014 Par: landryno007 0 Commentaires Lu: 408 fois Bookmark and Share

Selon les experts du Giec, qui ont approuvé une synthèse sur les moyens à mettre en oeuvre contre le réchauffement planétaire, il y a un potentiel important à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les 20 à 30 prochaines années. "Les mesures d’atténuation" pour stabiliser les émissions de gaz à effet de serre (GES) coûteraient en 2030 entre 0,2 et 3 % du PIB mondial. Cdurable.info vous propose un rapide tour d’horizon.

 

 

Eléments de contexte:

1. La place et l’importance de l’agriculture paysanne

2. Le rôle des exploitations familiales dans l’agriculture Ouest-Africaine

3. Diagnostic de la situation dans les pays

Vision des organisations paysannes sur le changement climatique Stratégies paysannes face au changement climatique

Propositions des Organisations Paysannes

 

Eléments de contexte

1. La place et l’importance de l’Agriculture

Le secteur agricole en Afrique occupe une place déterminante au plan: des économies nationales, de l’emploi, des revenus des ménages en milieu ruraux, de la sécurité alimentaire des populations et des Nations, de l’équilibre de la balance commerciale.

En Afrique de l’Ouest, plus particulièrement, l’agriculture représente 35% du PIB régional et plus de 60% de la population active de la région.

2. Le rôle des exploitations familiales paysannes dans l’agriculture ouest africaine

• En Afrique de l’Ouest, plus de 95% des producteurs dépendent des exploitations de type familial et ces exploitations représentent :

- plus de 70% des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté

- plus de 65% des personnes qui souffrent de la faim

le potentiel d’augmentation et d’amélioration de la production agricole au plan mondial se trouvent pour l’essentiel dans ces exploitations, dont les rendements sont susceptibles de doubler ou tripler, grâce à désinvestissements et des politiques adaptées.

• L’agriculture familiale est garante de la préservation de l’environnement et des ressources naturelles, contrairement à l’agriculture intensive

• L’agriculture familiale préserve la solidarité et l’économie sociale.

Et pourtant, l’agriculture a fait l’objet depuis les années 70-80 d’un désinvestissement des Etats : à travers les phénomènes importants de libéralisation et de privatisation des acteurs privés qui ont investi d’autres secteurs : les cultures agricoles de rente ont été abandonnées avec la chute des prix des matières premières et la baisse des rendements de la Communauté internationale : la part de l’agriculture dans l’aide publique au développement est tombée de 17% en 1980 à 3,8 % en2006; on observe une légère hausse en 2007-2008 : 5 % de plus, on risque d’assister dans les années à venir à des baisses drastiques de l’aide publique au développement suite à la crise financière et économique (ex: en Irlande -50% ;en Lettonie -100%, en Italie -10%).

3. Diagnostic de la situation sur le changement climatique

• La récente évaluation du GIEC confirme que l’Afrique et spécifiquement ses écosystèmes semi-arides sont les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques avec notamment une augmentation de la température estimée d’ici à 2050 à 4° par rapport à la moyenne mondiale de 1,4%. (« Ces pays assumeront entre 75 et 80% du coût des dommages causés par le changement climatique » Banque Mondiale)

• Les vulnérabilités écologiques et socio-économiques du continent sont exacerbées par la faiblesse des capacités institutionnelles, opérationnelles et financières de nombre de pays africains.

• Les agricultures paysannes dépendent directement des ressources naturelles pour le maintien de leur activité économique et pour leur survie. Les impacts sur l’environnement du réchauffement climatique risquent d’être irrémédiables...Vision des organisations paysannes sur le changement climatique

• Le changement climatique n’est pas un phénomène nouveau

. Les conditions météorologiques ont toujours été variables et cycliques au Sahel, mais les phénomènes sont de plus en plus violents.

• On observe déjà au niveau de l’environnement rural:

- des phénomènes climatiques beaucoup plus extrêmes (sécheresses répétées, pluies violentes, pluviométrie courte et irrégulière) ;

- en 30 ans, les isohyètes se sont déplacés de 200 à 300 km vers le sud ;

- l’érosion des sols, la déforestation, le régression du couvert végétal.

• Avec comme conséquence dès aujourd’hui, au niveau de la production:

- une baisse de fertilité des sols et des rendements

- perte de récolte et mortalité du bétail

Mais aussi, de façon globale:

- une augmentation de l’insécurité alimentaire

- la baisse des revenus et la persistance de la pauvreté

- les conflits fonciers agriculteurs/éleveurs qui se multiplient

- des mouvements migratoires ...

• Pour les organisations paysannes, les changements climatiques sont d’abord et avant tout un problème de développement

.D’ici 2030, la faim et les maladies dues au changement climatique toucheraient plus de 300 millions de personnes et causeraient 500.000 décès ;

D’ici 2050, la migration, essentiellement rurale, due directement au changement climatique devrait pousser 200 millions de personnes à migrer ;

• Or trop souvent, les changements climatiques sont traités dans la perspective de l’atténuation et via des mécanismes technico-financiers (compensations d’émission,...) qui échappent aux pays les plus pauvres, étant élaborés en priorité en faveur des pays émergents.

•Il en résulte une exclusion des petits producteurs, dont les pratiques permettent pourtant de tempérer les effets du changement climatique :parce que c’est leur réalité quotidienne, les exploitations familiales se sont depuis longtemps inscrites dans une logique d’adaptation des modes de production; l’adaptation vise avant tout les pratiques paysannes, soit les « savoirs » et les« savoir faire» développés par les populations elles-mêmes, depuis des dizaines d’années. Au-delà de transferts de technologies, c’est la valorisation et la diffusion de ces savoirs locaux qui doit être la priorité

.Les techniques et les stratégies d’adaptation de l’agriculture familiale permettent de lutter efficacement contre le changement climatique.

 

Stratégies paysannes face au changement climatique

1. Quelles stratégies ?

Les exploitations familiales ont développé des stratégies, pour survivre et augmenter leurs revenus :

Via la diversification de la production agricole choix raisonné des spéculations utilisation généralisée de semences paysannes adaptées aux aléas climatique (variétés précoces, tel le niébé) semis directs plutôt que les labours qui favorisent l’érosion. Via des pratiques agro écologiques jachères améliorées, recours à la fumure organique (compostage, contrats de fumure, stabulation, etc.) associations culturales. Via l’intégration sur une même exploitation de l’agriculture et de l’élevage

Via la restauration des ressources naturelles la régénération du couvert végétal les techniques de préservation des sols les techniques de conservation des eaux la restauration naturelle assistée.

2. Quels impacts ?

Ces stratégies d’adaptation indispensables pour la survie des populations rurales, peuvent par ailleurs être favorables à l’atténuation du changement climatique :

–l'agriculture paysanne peut potentiellement offrir une partie importante de la solution grâce à sa capacité d'atténuation (réduction et/ou élimination) d'un volume important des émissions mondiales de gaz à effet desserre, indique la FAO. Quelques 70% de ce potentiel d'atténuation pourraient être réalisés dans les pays en développement.

–Les stratégies efficaces d'atténuation du changement climatique par l'agriculture bénéficient à la fois:

- à la sécurité alimentaire,

- au développement durable,

- à l'adaptation au changement climatique.

 

Propositions paysannes

•Le soutien à la lutte contre le réchauffement doit  être un soutien additionnel aux mécanismes existants

•La mise en place des fonds régionaux de soutien aux stratégies paysannes d’adaptation au changement climatique

•Favoriser les échanges d’expériences d’adaptation entre les ruraux

•Créer les conditions pour que l’agriculture paysanne bénéficie des retombées économiques liées aux Mécanismes du Développement Propre et aux politiques d’encouragement de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de séquestration du carbone

•Faciliter l’accréditation des organisations paysannes dans les cadres de décision et de concertation sur les stratégies d’adaptation au changement climatique et la gestion de fonds

•Développer une coordination régionale dans la lutte contre le réchauffement climatique, avec une gouvernance efficace (transparence, responsabilisation).

HOUNOU K. Landry

 

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