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AFRIQUE: Réduction des coûts de communication

26/11/2012 Par: Maxzener 0 Commentaires Lu: 4430 fois Bookmark and Share

On en parle souvent, on prend souvent de bonnes résolutions, mais nous ne faisons presque jamais rien pour que cela puisse s’améliorer. Oui, la réduction des coûts de communication en Afrique est beaucoup plus une question de volonté qu’économique ou technique…. Et tout le monde y gagnerait, opérateurs et consommateurs.

Au Togo par exemple, vous pourrez retrouver les tarifs de communications en vigueur pour le second semestre de l'année 2012 ICI.

Dans le calcul des coûts de communication, un opérateur doit inclure en plus du coût de son investissement initial, les coûts de maintenance de ces équipements, sa masse salariale, sa politique de communication et ses diverses charges…. (que les économistes ou les spécialistes des calculs de coûts des services de télécommunications m’excusent si j’ai omis certains points).

Il reste alors clair que sans une politique d’évaluation des coûts appropriées et en restant sur le principe traditionnel de la répercussion du coût sur le nombre d’abonnés - plus il y a d’abonnés, plus le prix diminue - en restant sur ce seul principe, il sera difficile de compter sur une baisse des prix de communication en Afrique.

Il est à noter que dans certains pays d’Afrique, des solutions ont été trouvées dans le cadre de la réduction des coûts. Mais dans d'autres pays, le coût de la communication reste toujours assez élevé (Niger, Togo,....).

Cet article ne prétend pas donner « La Solution Miracle » (il n’en existe pas d’ailleurs) mais tend juste à donner des pistes. Ces pistes ne seront que développer sommairement, car  rentrer dans les détails reviendrait à écrire toute une étude économique (ce qui dépasse largement mes compétences). J’espère cependant, consommateur que je suis, que ces pistes pourraient être prises en considération et donner des idées à nos différents opérateurs. Les pistes proposées prennent en compte d’une part la baisse des tarifs de communication au niveau national puis à l’échelle régionale ou continentale d’autre part.

I - Faire baisser les tarifs nationaux

* - Première piste : L’étude du comportement de l’utilisateur

C’est l’une des clés qui pourrait permettre la baisse des coûts de communication. En effet, le comportement du consommateur devrait permettre à tout opérateur de réaliser des profits tout en satisfaisant son consommateur.

Une chose reste remarquable, notamment au Togo, la multiplicité des offres suivants les différents profils.  Le consommateur s’y perd et s’il a plusieurs profils qui lui correspondent, il en choisi un, juste parce qu’il faille qu’il en choisisse, même si ce dernier ne correspond pas exactement à ces besoins. D’autres consommateurs (ou abonnés) pour contourner cet embarras de choix, prennent plusieurs abonnements et suivant le type de communication à avoir, utilisent celui qui sied le mieux. 

L’objectif de l’étude du comportement de l’utilisateur, dans le but de la baisse du coût de communication, devrait aller dans le sens suivant : « nous avons l’objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de "X" milliards de francs.  Pour cela il faut que nous puissions avoir 70% des abonnés qui communiquent 24h/24 ». En outre, plus les prix sont bas, plus le consommateur communique. Cette expérience a été déjà vécue au Togo, à l’avènement de MOOV (la minute intra réseau était à 10 francs CFA si mes souvenirs sont justes). Bien sûr ceci ne devrait pas se faire au détriment de la qualité de service, mais le maintien de cette qualité de service ne devrait pas être un motif visant à influer sur l’augmentation des coûts.

* - Deuxième piste : La mise en place de forfaits inclusifs

Cette piste reste une conséquence de la première. L’étude du comportement de l’utilisateur doit déboucher sur la proposition de forfaits (notamment pour les abonnés prépayés qui sont les plus nombreux) inclusifs, prenant en compte les grandes préoccupations communes à tous les consommateurs plutôt que d’avoir des forfaits retraçant chacune des caractéristiques des consommateurs.

De plus ces forfaits et offres devront pouvoir s’adapter aux usages. Par exemple, pour éviter la multiplicité des offres et profils, il serait par exemple intéressant de ne plus proposés des forfaits basés sur les tranches d’âges comme cela se fait aujourd’hui, mais de rendre ces  forfaits assez flexibles pour qu’ils puissent s’adapter à l’utilisateur selon son besoin quotidien. De ce fait, les forfaits pour être «dépersonnalisés » devraient plus s’orienter vers les services que vers les profils des consommateurs.

En outre, l’introduction des forfaits ne devrait pas remplacer la communication comme nous la connaissons (j’achète une carte de crédit et je recharge mon compte pour communiquer), ou empêcher l’association de ces deux « méthodes » de communication.

* - Troisième piste : Le développement de services qui attirent la consommation

Il est recommandé aux opérateurs, malgré le fait qu’ils utilisent  des équipements qu’ils ne fabriquent pas, de mettre en œuvre des politiques de veilles technologiques et de recherches techniques visant à la proposition de services  qui attirent la consommation. Il y a quelques années, personne n’aurait prévu le développement que la téléphonie mobile voix a connu car cela n’entrait pas dans le comportement des consommateurs.

Un autre exemple encore plus parlant reste celui des SMS. La mise en développement de services innovants, pourra donc accroître la consommation des services proposés par les opérateurs.

* - Quatrième piste : La mise en place de cadre réglementaire pour une concurrence saine

Cette piste, cheville ouvrière de l’Autorité publique, doit amener le marché à pouvoir se réguler de lui-même tout en tirant les prix vers le bas et en permettant aussi aux opérateurs de vivre de leur métier. Qu’il s’agisse de la mise en place de mesure d’accompagnement des opérateurs dans le cadre du service universel, de l’entrée sur le secteur de MVNO ou de MNO, de la monétisation du spectre (notamment le spectre du dividende numérique qui sera bientôt disponible avec l’avènement de la Télévision Numérique Terrestre.....), tous les moyens mis en œuvre doivent aller dans le sens de favoriser une communication à bas prix et de bonne qualité pour les consommateurs.

Le processus au niveau national devrait donc pouvoir être résumé par la figure suivante:

 

Figure 1: Cycle de la réduction des prix

 

II – Faire baisser es tarifs internationaux sur le plan continental

Sur le plan continental, l’arrivée du câble sous marin, devrait permettre, de mettre en œuvre des interconnexions plus simples pour les opérateurs de téléphonie africains. Aujourd’hui la plupart des réseaux tendent vers le tout IP, du moins les cœurs de réseaux. Une interconnexion entre les Etats (en prenant bien sûr un cadre réglementaire à l’échelle régionale ou continentale) permettrait de faire baisser les coûts de façon significative, car la ressource étant déjà disponible et ne demandant qu’à être exploitée.

La plupart des communications internationales se font grâce aux satellites en Afrique (INTELSAT pour la plupart des opérateurs historiques). Si la fibre optique représente une alternative crédible, il faudrait pour autant l’utiliser car étant une ressource déjà disponible, les liaisons satellitaires coûtant vraiment « chères » selon les opérateurs  d’où la répercussion des prix sur les consommateurs. La mise en œuvre pourrait être longue mais il faut bien commencer pour y arriver. La fibre optique atterrit dans la plupart des pays côtiers et ces pays pensent disposer de backbones nationaux. Elle pourrait donc se révéler une solution de choix dans la baisse de coûts des tarifs appliqués pour les appels internationaux par les opérateurs africains.

Voilà un peu mon opinion sur la baisse des coûts de communication avec les mécanismes sommairement décris. Ceci est sûrement la conséquence de ma comptabilité concernant mes coûts de communication nationaux et en roaming :-) .

Au-delà de cela, il reste quand même important que les coûts de communication puissent être alignés sur le niveau de vie des populations. La téléphonie mobile et les services s’y rapportant ne devraient plus être un luxe mais un bien commun et accessible.

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